normativisme / naturalisme

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Adryen GIRAULT
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normativisme / naturalisme

24 octobre 2023, 20:41

Bonjour,
j'ai un doute sur la réponse aux QCM :

Item D
Sujet : Le normativisme pragmatique est fondé sur les valeurs

Correction : Faux. Le normativisme pragmatique concerne la capacité d’action des individus

Moi, j'aurais dit que c'était le normativisme eudémoniste qui concerne la capacité d'action des individus.

Pouvez-vous s'il vous plaît me réexpliquer le naturalisme/ normativisme et les différentes sous catégorie de chaque.

Merci !

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Paul
CM L.AS
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Re: normativisme / naturalisme

11 novembre 2023, 12:37

Salut Adryen,
J’espère que tu vas bien, que le moral est au top malgré la fameuse novembrose et que tes révisions avancent bien ! Garde le moral tu as passé deux tiers du semestre ! 8-)
Tout d’abord je tiens à m’excuser du retard de ma réponse à ton message, moi-même et par la le Tutorat Santé de Tours s’engage à répondre le plus rapidement possible aux éventuelles questions sur le forum et je n’avais pas vu la tienne. J’espère que ça n’aura pas trop gêné tes révisions.

Je vais te faire un résumé le plus complet possible de ce cour Normativisme/Naturalisme, qui est assez galère, la SH peut être interprétée de manière un peu subjective sur certains point alors le vais essayer d’être le plus complet et compréhensible possible !
Je te propose ce plan : d’abord on va voir le naturalisme, puis le normativisme et ses sous-parties. On voit ensemble les grandes notions des 2 parties et enfin je réponds à ton incompréhension sur la question tHarmo !

Allez let’s go !!! :D

LE NATURALISME
C’est un courant de pensée qui se base sur des faits réels pour déterminer deux états : la santé et la maladie. Pour rappel, l’objectivité c’est une perspective à partir de laquelle on se place. Ici, le médecin permet de lier objectivité et naturalisme car il identifie un état de maladie à partir de fait réel donc objectif pour le naturaliste.
Un p’tit exemple : une gorge rouge est un fait réel permet d’objectiver une laryngite par un médecin.

L’idée de naturel pour le naturaliste correspond à une faculté d’adaptation à son environnement. Un organisme adapté est capable de survivre et se reproduire dans son milieu. Un malade est donc inapte à son environnement s’il ne peut répondre à ces deux fonctions.
Pour le naturaliste, toutes les fonctions du corps répondent à la survie et la reproduction.

La définition de santé et maladie se fait alors par rapport à l’ENVIRONNEMENT STANDARD. C’est l’environnement à partir duquel on parle d’adaptation pour un individu. Si un individu est plus adapté que la moyenne à l’environnement, alors on parle d’avantage.
MAIS, un malade n’est pas un individu moins adapté que la moyenne, il présente subitement une inadaptation.
P’tit exemple : Imaginons un environnement où la nourriture se trouve en haut des arbres. Le singe présente un avantage dans ce milieu. Le serpent est moins adapté que la moyenne dans cet environnement. Par contre, il n’est pas malade. Un singe qui a de l’arthrose présente une incapacité à se nourrir donc survivre mais on ne parle pas d’adaptation par rapport à une moyenne.

Une notion essentielle du naturalisme est la Théorie biostatistique de Boorse (TBS). On parle ici de design d’espèce : c’est l’organisation des fonctions d’un individu. La santé, c’est alors un design typique dans une espèce donnée. Ce design, donc cet organisation du fonctionnement d’une espèce, est défini de manière statistique.
P’tit exemple : le poisson possède un système respiratoire basée sur des branchies. C’est un design d’espèce. Si une de ses branchies est abimée alors il est malade.

A partir de cette notion d’espèce s’en dégage une autre : la classe de référence. C’est un sous-ensemble dont le fonctionnement est identique. C’est une sous-espèce si tu veux, un peu comme les différents humains qu’on a vu sur Terre. Neandertal, l’homohabilis, on appartient tous à l’espèce humaine, avec notre fonctionnement, nos organes : c’est notre design d’espèce. Par contre, notre classe de référence à nous c’est l’homo sapiens. On définit la norme de santé par rapport à cette classe de référence.

La dernière notion importante dans le naturalisme, c’est la subnormalité fonctionnelle : c’est un fonctionnement local anormalement diminué. Il entraine une maladie si on a une absence de fonction ou si la personne ne possède pas le niveau typique de la fonction par rapport à sa classe de référence.
P’tit exemple : un aveugle ne présente plus la fonction ; un myope ne dispose pas du niveau typique de la vision.

Voilà pour le naturalisme !!

LE NORMATIVISME
Il est opposé au naturalisme dans sa conception de la maladie mais un médecin n’a jamais un raisonnement complétement naturaliste ou normativiste. Il compose avec les deux.
Pour le normativiste, une maladie, c’est un dysfonctionnement qui induit un état non-désirable. Ce n’est pas forcément un problème biologique, c’est plutôt social.
Trois courant dans le normativisme.

I) Le normativisme axiologique
Il est fondé sur des valeurs. Une valeur c’est une préférence systématique associée à une communauté. Tout le monde n’est pas forcément d’accord avec et nos choix reflètent nos valeurs. Elle ne se justifie pas et s’impose et donc interdit certains comportements. Elle est relative à notre culture.
Une norme social impose donc des préférences aux individus et donc défini ce qui doit compter comme un mal. Ainsi, un mal c’est quelque chose dont personne ne veut. Néanmoins on peut parler de mal acceptable quand c’est pour atteindre un plus grand bien.
P’tit exemple : on peut souhaiter la mort si c’est pour le soulagement d’une terrible maladie.

On parle également de détresse inattendue : elle survient subitement sans qu’on s’y attende et n’est pas forcément relative au biologique : un harcèlement moral au taff entraine une détresse inattendue sans désordre biologique.
A partir de cette notion de mal, on définit ce qu’on appelle le préjudice : c’est un mal produit par un état biologique dysfonctionnel, donc un mal causé par une maladie. ATTENTION, tous les états dysfonctionnels ne sont pas des préjudices, car dans le normativisme axiologique c’est dépendant de la société.
P’tit exemple : dans une société d’analphabète, un dysfonctionnement neurologique qui empêche d’apprendre à lire n’est pas un préjudice car pas besoin de savoir lire.

II) Le normativisme pragmatique
Pour ce mouvement, la maladie dépend du problème clinique posé. Un problème clinique c’est une demande de la part d’un patient que le médecin a le droit, la volonté et la possibilité de traiter.
Il n’y a pas de définition universelle de la maladie mais plutôt une vision du problème clinique :
La visite d’un médecin par une personne ayant perdu sa capacité d’action et qui vient dans un objectif de la retrouver.

III) Le normativisme eudémoniste
Ici, c’est la nature de l’incapacité qui différentie mal et préjudice. Un préjudice c’est une incapacité à l’action.
Une action c’est ce que fait l’Homme INTENTIONNELLEMENT en vue d’atteindre un but et associé à une signification conventionnelle. Elle est donc opposée au reflexe.
P’tit exemple : bouger la main c’est une action, mais ce qui est intéressant c’est la signification : dire coucou à la voisine.
Le plus important c’est la possibilité qui est liée à l’action en elle-même. On va donc définir plusieurs termes important à différentier.

La capacité : c’est l’aptitude physique et mentale de faire une action. Ainsi, la santé est un ensemble de capacité et la maladie la perte d’une ou plusieurs capacités.
L’aptitude : c’est une capacité attendue à un certain stade de développement donné.
P’tit exemple pour différencier aptitude/capacité : ne pas courir c’est une incapacité. Par contre ça n’est pas une inaptitude pour un bébé de 6 mois car il n’est pas sensé avoir cette capacité à ce stade de développement de la vie. Une aptitude, c’est en quelque sorte une capacité associé à un âge pour simplifier.
L’opportunité : c’est l’absence de facteurs extérieurs empêchant une action d’être accomplie. Pour une maladie, on peut passer d’un stade capable à incapable en fonction des paramètres extérieurs.

Dernier point, la possibilité pratique : c’est la capacité d’agir quand l’opportunité se présente. On peut donc faire une action quand on en a l’aptitude et l’opportunité. La possibilité pratique est donc l’association de l’aptitude et de l’opportunité.
Ainsi, la prise en charge d’une maladie ou d’un handicap dans le normativisme eudémoniste, c’est la restauration de la possibilité pratique. Si je reprends la course, un adulte qui se casse une jambe, l’objectif c’est qu’il retrouve la capacité et donc l’aptitude à courir lorsque les conditions se présente.

Ok les deux dernières notions de ce cours, c’est les buts vitaux et le bonheur minimal mais c’est t’inquiète on arrive au bout !!
Les buts vitaux, c’est les conditions qui définissent le bonheur minimal, donc pas limiter à se reproduire et survivre. Le bonheur minimal c’est le niveau de satifaisance de bien-être physique, mental et social. Il définit les buts vitaux et donc la santé.

Okayyyy, tu peux souffler mec on y est !
Maintenant go répondre à la question de tHarmo. Tout d'abord, l'item est bien faux. Le normativisme AXIOLOGIQUE est fondé sur des valeurs. Par contre, la correction est juste : le normativisme pragmatique est bien fondé sur la capacité d'action des individus. Dans ce mouvement, le rôle du médecin est de permettre au patient de retrouver une capacité d'action qui a été perdu.

Le normativisme eudémoniste lui est basé sur la possibilité pratique : lé médecin doit restaurer la possibilité de faire une action quand on a l'aptitude et l'opportunité de la réaliser. Bon c'est un peu la même chose tu vas me dire mais la est la différence : pour le n. pragmatique, c'est la capacité d'action qui est importante alors que pour le n. eudémoniste, c'est la signification derrière l'action qu'il est important de retrouver ! Sans action, pas de possibilité d'expression et le médecin vise à retrouver cette possibilité pratique de communication chez son patient.
La simple capacité d'agir concerne donc le normativisme pragmatique.

Voilaaaa j'espère avoir été clair parce que la différence est assez complexe à poser. Si jamais je ne l'ai pas été, si tu es présent à la JDLAS le 18 Novembre n'hésite pas à venir à la perm pour avoir une réponse orale c'est toujours vachement plus simple et on est là pour ça !

Bon courage pour ce dernier mois, donne tout !!! ;)
Paul, CM L.AS SP/SH/BDR

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uNco
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Re: normativisme / naturalisme

15 mai 2024, 14:47

Imaginez : vous vous préparez à courir un marathon. Votre objectif est de franchir la ligne d'arrivée, peu importe le temps réalisé. C'est ce qu'on pourrait comparer au normativisme pragmatique - l'accent est mis sur votre capacité d'action, d'accomplir cette épreuve, sans se soucier des valeurs ou jugements extérieurs.

D'un autre côté, le normativisme eudémoniste serait comme viser un temps de course précis, une performance qui vous apporterait un sentiment d'accomplissement et de bien-être personnel. Votre motivation ne serait pas seulement de terminer, mais d'atteindre un objectif chiffré en accord avec vos valeurs et aspirations.

Le naturalisme, lui, pourrait être comparé à simplement courir par plaisir, sans se soucier des normes ou attentes extérieures. Comme un coureur qui prendrait la route juste pour le simple bonheur de sentir l'air frais sur son visage et de se dépenser.
Bien sûr, ces métaphores ne remplacent pas des définitions philosophiques rigoureuses. Mais j'espère qu'elles vous aident à mieux visualiser les différences entre ces courants de pensée à travers une activité concrète comme la course à pied.

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